L’art à l’heure du retour de l’homme dans l’histoire



Allez … début officiel d’art zoo. Comme il y a de plus en plus de personnes qui visitent le site, il est temps de présenter le projet …
Mais avant, permettez-moi cette petite introduction afin de situer art zoo dans cette  époque formidable que la nôtre  : celle où l’homme, enfin débarrassé de ses contingences historiques, peut enfin s’adonner à ce qu’il aime ; à savoir l’amour, l’art et le divertissement …. comme le disait le grand Kojève, il y a près d’un demi siècle.

Puisque j’ai pris le parti de débuter cet édito -et ce site- avec ce petit clin d’œil à l’ illustre philosophe, je poursuivrai par sa géniale prédiction. L’homme post-historique, c’est-à-dire débarrassé des luttes, du travail, des guerres (…) allait très vite s’ennuyer de son état.
C’est un fait qu’il s’ennuie …  et le voilà de nouveau qu’il veut faire parler ce que la nouvelle civilisation tente de taire par tous les moyens : à savoir la haine.
C’est un peu particulier comme expérience que de commencer tout ceci, c’est  même à contre-temps… d’où mon hésitation …  On le sent bien, la belle période est terminée. Celle qui a vu l’explosion du nombre de galeries, musées, fondations et centres d’art en tout genre. A y réfléchir, on peut se faire un fric fou dans de tels cycles… vous ne trouvez pas ?

ha … L’art comme divertissement et comme spectacle… Et comme placement … Le bonheur dans lequel on étoufferait presque…

A vrai dire, on ne sait pas si Alexandre Kojève avait raison ou pas, lui qui  préférait se présenter comme le dernier grand stalinien afin de  ne pas voir cette nouvelle barbarie arriver. Laquelle, me diriez-vous ? – Celle du narcissisme.
Moi-même, à comparer les deux, je dois avouer que je n’ ai pas d’avis définitif quant savoir quelle est la plus cruelle. J’hésite encore. C’est à vous de voir. On peut à peine dire que l’une fait moins de morts que l’autre, sans en être très sûr.

Allez, belles âmes, ne m’en voulez pas d’annoncer la mauvaise nouvelle. C’est regrettable mais c’est comme ça. Il semblerait que l’homme soit en vie uniquement quand il peut donner un objet à son amour, tout comme à sa haine. On peut tenter par tous les moyens de l’en convaincre  de la modérer, de la sublimer … Freud qui en connaissait un bout sur ce sujet  le disait lui-même :  « l’homme n’aime pas travailler, et les mots ne peuvent rien contre ses passions » … et l’art encore moins … il n’y peut absolument rien, l’art.
Alors débuter un site sur l’art dans cette période quelque peu particulière, c’est un peu comme  commencer une analyse avant de faire la guerre. C’est quelque peu subversif, et toujours mieux que rien,  mais c’est tout de même un peu dérisoire.

Et puis quoi d’autre ? Apprendre le grec ? Trop difficile  …

Autrement, je ne peux que vous convaincre de planter des tomates, ça peut toujours servir et c’est très bon quand ça vient du jardin… moi-même j’hésite encore à le faire avant les Saints de glace….

Mais revenons à l’art . Le grand cette fois-ci.
Regardez la scène, entre le moulin du temps et la potence…. Regardez-les précisément ! Le supplicié se sacrifie pour eux  en venant  annoncer la nouvelle. Et ils se débrouillent pour regarder ailleurs.

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Voyez-vous, Brueghel et Freud disent sensiblement la même chose… Les mots n’y peuvent rien, pas même le Christ …

à bientôt

Fulgence Ridal

 

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